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Le projet de supermarché de Saint Gengoux le National

Après une première attaque repoussée il y a environ 20 ans, le projet est remonté à la surface en 2013.

Une commune friande de "modernité" se doit d'implanter une "zone commerciale" digne de ce nom, c'est à dire une succession de hangars en tôle accolés à un parking, où sont proposés à la vente les produits stéréotypés de la grande distribution.

préSaint-Gengoux-le-National, au centre d'une région rurale où la population se regroupe en petits villages avec peu ou pas de commerçants locaux, dispose au contraire de nombreux commerçants, artisans et services. Une foire a lieu 2 fois par mois, qui transforme le coeur médiéval du bourg en ruche animée. Un petit marché hebdomadaire réunit des producteurs locaux. Mais le modeste supermarché local ne répond pas aux standards du modernisme.
Prétextant un archaïsme de la station-service du supermarché, car elle ne respecte pas les "normes" et doit être mise en conformité rapidement, le propriétaire dépose un permis de construire pour un nouveau supermarché deux fois plus grand que l'existant.
Qui comprendra qu'il est nécessaire de doubler la surface de vente du supermarché pour que la station-service soit conforme?
Pour faire bonne mesure, "moderne", ce n'est pas une extension du supermarché, c'est un bâtiment neuf, un parking neuf et une station-service neuve qui devraient être construits dans un ... pré : 1.8 hectare de prairie en conversion grande distribution.

 

Alertée par la rumeur, ASR (Action Solidarité Rurale) écrit une lettre ouverte au maire et aux conseillers municipaux de Saint-Gengoux-le-National, demandant d'organiser une réunion publique au sujet de l'installation de cette nouvelle grande surface, pour informer la population et lui permettre de s'exprimer, et distribue, en octobre 2012, sur la foire, un tract d'information sur les risques de l'implantation retenue.

Pour la CAPEN, ce projet est non recevable en l'état pour 2 raisons :

  • l'implantation se situe sur un pré inondable, sur le lit mineur du ruisseau de Nolange, affluent de la Grosne,
  • le doublement de la surface de vente participe à la mutation de ce bourg de commerce convivial vers un bourg-parking.

Informée du premier dépôt de permis de construire (31/12/2012), la CAPEN, en collaboration avec ASR, écrit, début février 2013, une lettre au maire de Saint Gengoux pour attirer son attention sur la fragilité de la zone humide choisie pour l'implantation.
Cette implantation est prévue dans un pré connu pour ses inondations régulières, signe que la nappe phréatique est affleurante. Le lit du cours d'eau qui le traversait a été malmené au fil des décennies précédentes, et se trouve enfermé sur plus de 800 mètres linéaires dans une énorme buse en béton de 1 mètre de diamètre. Le coup de grâce se prépare. Une étude très détaillée est publiée par le blog renaissances rurales.

Aucune réponse n'est apportée à ce courrier, si ce n'est une publication municipale tournant en dérision les préoccupations sur l'eau ; il est vrai que la municipalité connaît le problème puisqu'un contrat de rivière Grosne est alors en cours d'élaboration.

La municipalité avait déja fait la sourde oreille à une lettre ouverte d'ASR, demandant d'organiser une réunion publique.
En substitution à cette réunion publique refusée, ASR distribue alors dans chaque boîte à lettres un tract d'information sur l'eau des ruisseaux de Saint Gengoux, puis organise, le 11 mars 2013 une promenade-découverte du cours oublié du Nolange.

Le sujet est sensible pour la population : mise à part la ligne Buscéphale n°7 (Chalon-Cluny-Mâcon), les déplacements se font en voiture particulière, et la station-service, la dernière dans le bourg, est un quasi service public. De là à l'installer en zone inondable...
Vivre à Chalon relate le projet et la controverse.

Le projet devait contenir un défaut, car un nouveau permis de construire est déposé le 5 juin 2013.

La CAPEN71 et ASR remettent le couvert pour mobiliser à nouveau la population par l'édition d'un tract commun qui approfondit la motivation du refus du projet et demande qu'il soit abandonné.
La CAPEN71 le diffuse en août et septembre 2013 sur les manifestations où elle est présente. Elle envoie un exemplaire à l'EPTB (Etablissement Public Territorial de Bassin) Saône et Doubs, gestionnaire du contrat de rivière Grosne.
ASR le diffuse sur la foire de Saint-Gengoux, et dans les boîtes à lettres en août 2013.

Entre-temps, il pleut, alors le Nolange réapparaît..pré

Le 30 septembre 2013, le permis de construire est accordé : c'est la goutte d'eau qui fait déborder le Nolange.
Les opposants au projet n'ont pas été entendus par la municipalité et se tournent vers le Préfet de Saône et Loire pour obtenir l'abandon du projet.

Pour animer le débat public, et signifier son attachement aux circuits courts de producteurs locaux, ASR distribue un tract au sujet de la grande distribution, lors de la foire de Saint-Gengoux-le-National du 5/11/2013.

La CAPEN71 envoie, le 14 novembre 2013, une lettre au Préfet faisant un état du risque grave pour le milieu naturel aquatique, et aussi du dégât paysager et économique.

ASR organise une campagne de courriers individuels à la préfecture pour demander l'invalidation du permis de construire.

CAPEN71 dépose le 27 novembre 2013 un recours gracieux au maire de Saint Gengoux, autorité qui délivre les permis de construire et qui dispose de deux mois pour nous répondre. Ce qu'elle n'a pas encore fait. Nous disposerons alors d'un nouveau délai de deux mois pour, le cas échéant, intenter un recours contentieux auprès du Tribunal administratif.

Martin ARNOULD, chargé de "rivières vivantes" au WWF France, apporte le 7 décembre son soutien à ce dossier chaud de la CAPEN.
Sur ses conseils, la CAPEN71 envoie le 9 décembre un courrier au préfet de bassin Rhône-Méditerranée-Corse.

Enfin, le 13 décembre, la CAPEN s'adresse au Préfet pour demander une étude de risques concernant le projet d'installation de citernes d'hydrocarbures pour la station-service dans le lit même du ruisseau et en zone inondable, car il s'agit d'une ICPE (Installation Classée pour la Protection de l'Environnement), dont la police est du ressort du seul préfet. L'étude est nécessitée par le fait que les lois actuelles ne prévoient pas ce cas de figure extravagant.

Une affaire partie pour durer....à moins que les municipales ne changent la donne.

 

 

 

Catherine Lecuyer, candidate à la Mairie du 8e arrondissement de Paris

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